Histoire : l’arbitrage d’hier à aujourd’hui
L’arbitrage de haut niveau, d’une activité bénévole à une vraie professionL’arbitrage de haut niveau, d’une activité bénévole à une vraie profession
Lors de la saison 1932-1933, les joueurs français deviennent des professionnels. Les arbitres restent à cette période des amateurs et ne sont remboursés que de leurs frais de transport. Ce n’est qu’à partir de 1945 que le Groupement des Clubs Autorisés attribue en plus du remboursement des déplacements, une indemnité de match de 500 anciens francs pour toute rencontre arbitrée en Première ou en Deuxième Division. Ces faibles indemnités n’évoluent que très lentement pendant plusieurs années. En 1963, les arbitres de D1 perçoivent uniquement 30 nouveaux francs par match dirigé. Les nombreuses évolutions institutionnelles des années 1970 ont un impact sur les indemnités reçues par les arbitres. S’ils perçoivent 40 francs par match en 1970, l’indemnité de match pour un arbitre de Première division est fixée à 750 francs en 1980 (et même à 1 000 francs pour les internationaux). Durant cette décennie, les arbitres d’élite deviennent alors imposables au titre de leur activité arbitrale.
Les indemnités évoluent ensuite de manière importante durant les années 1990, faisant des arbitres de l’élite des semi-professionnels. À partir de 1994, le traitement perçu par match de D1 est de 2 500 francs, puis passe à 3 600 francs en 1995 et à 7 500 francs en 1997. Mieux rémunérés, les arbitres d’élite doivent alors consacrer un temps toujours plus important à leur activité arbitrale, en parallèle de leur véritable métier.
Durant les années 2000, dans un contexte où le football génère de plus en plus de droits télévisuels, les indemnités des arbitres sont une nouvelle fois revues à la hausse. En 2001, un arbitre de D1 perçoit 15 000 francs par match. En 2006, la création du Syndicat des Arbitres de Football d’Elite (SAFE) accélère les avancées. Avec le Protocole tripartite FFF-LFP-SAFE, les arbitres « Fédéral 1 » passent cette même année de 2 000 euros à 2 931 euros brut pour un match de L1. L’accord prévoit également la mise en place d’une Indemnité compensatrice en cas de rétrogradation et un pécule de fin de carrière prenant en compte le nombre d’années passées au haut niveau.
À partir de 2016-2017, les arbitres de l’élite deviennent des professionnels. Sous un statut hybride, Indépendant affilié au Régime général (conféré par la loi Lamour en 2006), ils perçoivent en moyenne une indemnité mensuelle de 6 894 euros brut, en plus des 3 214 euros d’indemnités perçues pour chaque rencontre de Ligue 1.
Alexandre Joly est maître de conférences à l’Université Grenoble-Alpes. Il a soutenu une thèse en 2021 portant sur l’histoire des arbitres dans le football professionnel français et a publié un ouvrage sur le sujet : Les Hommes en noir du football : Histoire d’une profession de 1919 à nos jours (Presses Universitaires de Rennes).
